Lettre à Bébert

, par Patrice HARDOUIN

Bébert
La « lettre à Bébert » publiée dans le numéro 514 de la revue « Les Cahiers pédagogiques ».

Cet article a été publié initialement dans la revue « Les Cahiers pédagogiques » n° 514. D’autres articles traitant des biotechnologies santé-environnement ont été publiés dans cette revue comme, par exemple, Biotechno pour les profs sur les Cahiers Pédagogiques.

Mon très cher Bébert,

je tenais à te féliciter pour ta prestation de l’autre jour. Tous tes spectateurs ont, par le biais de ta démonstration de gestes, bien appréhendé les risques encourus à mal transporter leur cartable (pour les plus jeunes) ou leur brouette (pour leurs parents). Des enseignants sont même venus te questionner pour comprendre comment porter leurs cartons pour leur prochaine mutation.

Affiche PRAP par « Biotechno pour les profs »

Ton nom fait bien rire les plus jeunes. Tu aurais pu te faire appeler Arthur. Oscar n’aurait pas convenu car c’est déjà le nom de ton camarade au tain livide au fond de la salle de SVT. Je me suis longtemps laissé dire que ce nom d’apparence ridicule te ferait perdre toute crédibilité. Mais que nenni, c’est exactement le contraire : ce diminutif de Robert te va à ravir. Tu es un peu le Guignol de la prévention des risques liés à l’activité physique.

Mais à trop vouloir en faire tu risques gros. Tout mannequin en plastique que tu es, tes disques intervertébraux sont souvent malmenés. Aussi, je tiens à te lister quelques points que tu pourras confier au prochain formateur PRAP [1] qui te récupérera en éléments séparés et qui devra te donner ton apparence humanoïde sans te réduire en pièces :

  1. Assembler la première vertèbre du bassin avec son épine ;
  2. Placer une autre vertèbre en position sur la première vertèbre du bassin et assembler-les ensemble à l’aide d’une pince multiprise (la tige métallique doit traverser intégralement les deux corps vertébraux) ;
  3. Placer le disque intervertébral en faisant attention à ne pas le déchirer (les disques sont fragiles) puis répéter les étapes 2 et 3 jusqu’en haut de la colonne vertébrale.

C’est effectivement un peu compliqué de te donner la vie. Certainement que ton inventeur avait en arrière pensée de se venger des profs qui l’avaient brimé dans son enfance !
Pour te permettre d’interagir encore davantage avec ton public, il suffit de suivre le conseil de Volcane qui te connaît bien : Bébert est triste également. Afin d’attirer les élèves et de leur faire comprendre l’importance de "fixer le regard bien droit", je lui ai dessiné des yeux grand ouverts. C’est plus parlant.

Si tu en es d’accord — et je sais que tu es toujours partant pour ce genre d’expérience — on se retrouve pour la prochaine fête de la science. Il y aura, comme à chaque fois :

  • une nuée d’élèves de maternelle et de primaire curieux de porter des caisses comme des grands ;
  • des travailleurs qui ont bien l’intention de continuer à pouvoir soulever leurs enfants puis petits-enfants en gardant le sourire ;
  • des journalistes qui feront de toi la mascotte scientifique de leur journal…

Je te fais une grosse bise et, en attendant de te revoir, fais bien attention à ton dos,

Patrice